ZITLALA, LA DANSE DES TIGRES

A Zitlala, commune de la montagne basse de l’état de Guerrero au Mexique, la violence fait partie intégrante de la culture et de la religion.
Dans cette ville d’origine nahua, le 5 mai on célèbre une « requête » à la pluie pour s’assurer d’un bon début de cycle agricole, à travers un rituel qui mêle la tradition préhispanique avec la liturgie catholique où la violence apparaît domestiquée.
Le bleu du ciel et les immenses montagnes qui entourent la commune préhispanique de Citallan ou “Lieu des étoiles” sont témoins de ce rituel: quatre heures (en moyenne) de danses qui sont en réalité un combat corps à corps, entre hommes-jaguars ou hommes-tigres, dont la seule arme est la « cuarta »: un fouet fait de grosse corde, avec, en son extrémité un nœud, utilisé pour frapper l’adversaire. L’unique protection de ces hommes est un masque en forme de tête de tigre, fait de cuir, capable de résister aux coups du nœud, plus connu sous le nom de « chirrion. » Dans le même temps, hors de la zone du rituel, d’autres combats ont lieu, mais sans masques, ni armes, à mains nues, à travers lesquels les hommes montrent leur courage et leur force, et ceci avec l’approbation de la communauté.
La violence est considérée comme une offrande aux dieux pour faire venir la pluie. Le sang, la douleur, la combativité et la résistance ne provoquent pas de querelles entre les participants, bien au contraire; ils sont fiers et honorés d’avoir participé au rituel.

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Dans cette région montagneuse, le rite agricole est représenté de diverses manières selon les peuples nahuas. Dans certains cas, ils bénissent les semences pendant les fêtes patronales et ils présentent des offrandes sous forme de petites statuettes faites à base de pâte de maïs aux puissances de la pluie: aux tornades, aux trombes d’eau ou aux divinités préhispaniques. Les offrandes sont ensuite déposées à la source des cours d’eau, dans les grottes ou sur les berges des rivières.
Les dates varient: le 25 avril dans certains cas, le 2 ou le 5 mai dans d’autres cas. Les rituels se finalisent par la récolte effectuée en septembre.
A Zitlala, où le climat est semi-chaud avec des températures comprises entre 14 et 28 degrés, la danse des Tigres ou Atzatzilistli est une offrande au jaguar, animal totémique de ces lieux, dont l’origine du culte remonte à l’époque des toltèques. Dans cette zone, le jaguar est appelé tigre, c’est pourquoi cette danse porte ce nom.
Elle a lieu un mois après le processus d’offrandes de semences de maïs, de haricots rouges et de courges et après la pérégrination qui se tient dans un centre cérémonial situé sur les hauteurs de la colline de Cruzco, où quatre croix pointent vers les quatre points cardinaux.
Les croix sont emmenées jusqu’au village, elles seront par la suite rendues à la colline. Après commence la cérémonie sur la place centrale du village avec des fanfares composées d’instruments à vent, des danses, de la nourriture et du mezcal pour tous.

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Les hommes-tigres arrivent de trois quartiers du village: de la Cabecera, de San Francisco et de San Mateo. Ils s’affrontent à travers aussi leurs fanfares, leurs masques, leurs diables, leurs chiens, et leurs Alebrijes (figures artisanales fantastiques de différentes couleurs et formes). Ils arrivent sur la place pourvus de mezcal et de bière. Dans le village, les habitants ont préparé de manière communautaire le « pozole », les bouillons de poule et de bœuf, et des « tamales » aux haricots rouges.
Dans un premier temps, il y a des danses traditionnelles effectuées par des habitants des villages voisins : il y a les tigres de Atixpa et leur fanfare, avec des costumes mouchetés et des masques; les Tlacololeros, avec une musique composée de tambours et flûtes et habillés avec des costumes de jute, de grands sombreros(chapeaux) et des masques ; les Chivos du quartier de San Francisco; Zitlala, avec sa fanfare, ses masques ornés de cornes, des costumes de velours, et des petits fouets ; Les Manueles, les Paloteos et les Diables de la Costa Chica (Petite Côte.)
Par la suite arrivent les tigres qui vont s’affronter sur la place encerclée par une “maille”. Tout le village s’agglutine alors autour de la place et observe les combats depuis les arbres, les toits ou depuis les estrades.
L’arène ainsi crée, a deux portes qui s’opposent. D’un côté, sont installés les tigres de San Mateo et de Cabecera, de l’autre les tigres de San Francisco, en plus grand nombre.
Les affrontements ont pour but d’exorciser les démons. “Le coup qui fait mal, c’est le premier, ensuite tu t’énerves et ce que tu veux c’est gagner!”, voilà comment les habitants de Zitlala qui dansent et combattent décrivent ces rituels.
Il y aura bientôt des traces de sang, des masques cassés, des visages tuméfiés aussi, des coups, de la sueur et des odeurs de mezcal.
Tigre contre tigre et aussi de nombreux affrontements points fermés, un homme commun contre un homme commun.

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Una respuesta to “ZITLALA, LA DANSE DES TIGRES”

  1. geniales, unas de mis favoritas

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